Océan Indien / Réunion : Village Maloya 2020 - 9ème anniversaire de l'inscription du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO

REGION Réunion - 28/09/2020 09:30:00

Culture 26 septembre 2020
11ème anniversaire de l'inscription du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO
Le classement du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO le 1er octobre 2009 a inauguré, pour la première fois, une reconnaissance au niveau mondial d'un héritage de la culture réunionnaise.
La Région Réunion, en partenariat avec les différentes commu-nautés d'acteurs de l'île, célèbre chaque année l'inscription du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO.
En 2020, la Région Réunion organise la 9ème édition "Village Ma-loya". Du 28 septembre au 6 octobre, un programme d'interven-tions, dans les écoles et lycées, permettra de développer un volet pédagogique essentiel à la transmission de notre culture.
Le 3 octobre, au musée Stella Matutina, le "Village Maloya" sera ouvert au grand public avec l'accès à des ateliers, des expositions et des concerts.

Maloya Nout' Diversité, Nout' Fierté

9ème édition
3 Octobre 2020 au Musée Stella Matutina
du 28 sept. au 6 oct. dans les établissements scolaires

Entrée gratuite

LA POLITIQUE RÉGIONALE DU PATRIMOINE CULTUREL :
LA RÉAPPROPRIATION PAR LA POPULATION DE SON HISTOIRE, DE SA CULTURE, DE SON IDENTITÉ

La politique régionale du Patrimoine Culturel vise la réappropriation par la population de son histoire, de sa culture, de son identité. Les orientations de la mandature en la matière se basent sur le recensement, la sauvegarde et la valorisation, tant du patrimoine bâti que du patrimoine immatériel.

Le Maloya ayant été inscrit le 1er octobre 2009 au Patrimoine Culturel Immatériel de l'Unesco, la collectivité régionale a souhaité commémorer chaque année, aux côtés de la population réunionnaise, cette distinction, reconnaissance mondiale d'un pan de notre culture.

Dans ce cadre, il a été proposé que La Région Réunion prenne l'initiative d'une manifestation annuelle, journée festive précédée et suivie d'actions pédagogiques, d'expositions, de conférences sur le thème du Maloya.

Durant cette manifestation, l'accent est mis sur la transmission du patrimoine culturel, et notamment du Maloya, aux jeunes générations. Il s'agit donc de déployer l'intervention régionale vers tous publics et en particulier le public scolarisé, tous secteurs confondus, primaire et secondaire, en partenariat avec l'Education Nationale.

Pour 2020, année du 11ème anniversaire de l'inscription du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO, la 9ème édition du "Village Maloya" fait la part belle à un programme d'actions proposé aux lycéens et aux élèves des établissements du 1er degré. Dans le cadre de cette initiative menée au titre de l'Éducation Patrimoniale, des animations culturelles, artistiques et pédagogiques seront ainsi organisées dans des établissements des quatre micro-régions de l'île à partir du lundi 28 septembre au mardi 06 octobre 2020.


L'HISTOIRE DU MALOYA


Inscrit le 1er octobre 2009 sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO. Le Maloya désigne à la fois une musique, un chant, et une danse propre à La Réunion. Hérité des esclaves venus d'Afrique de l'Est ou de Madagascar, il est à l'origine réservé à des cérémonies animistes invoquant l'esprit des ancêtres.

Entre les mains des esclaves puis des engagés essentiellement d'origine indienne, le Maloya devient un moyen d'expression de leur résistance et de leurs sentiments. De la souffrance à la haine, de l'espoir à la joie, le Maloya a véhiculé leurs complaintes.

Cette musique qui s'est créolisée avec le temps pour devenir un facteur d'identité réunionnaise aura été longtemps marginalisée voire parfois interdite par les autorités qui la jugeaient subversive.

Vecteur de revendications politiques pendant les années 50-80, le Maloya est devenu aujourd'hui l'expression majeure, sur le plan culturel et musical, de l'identité réunionnaise. Plus de 300 groupes musicaux le pratiquent.

Le Maloya a longtemps été performé par des groupes familiaux qui se le transmettaient. Sa forme traditionnelle est celle d'un dialogue entre un soliste et un choeur accompagné par trois instruments : le roulèr, le bob et le kayamb.

Le Maloya est aujourd'hui chanté et dansé sur scène par des groupes professionnels ou semi-professionnels, et la forme des textes est beaucoup plus variée. De nombreux CD sont produits chaque année et des tournées sont organisées au niveau national et international. De nombreuses formes métissées existent désormais : maloya-rock, maloya-reggae (malogué), maloyafusion, maloya-jazz...

Le Maloya fédère les Réunionnais autour d'une histoire commune, celle de leurs origines, étroitement liée à l'esclavagisme, à l'engagisme et au métissage. Monument musical, il incarne par l'histoire qu'il véhicule la lutte contre l'oppression, le maintien de valeurs humanistes comme la liberté, le partage et la tolérance.


TÉMOIGNAGES LE MALOYA C'EST UN ART DE VIVRE

« Depuis jeune, j'ai toujours été attiré par le maloya, les servis kabaré... Petit à petit, j'ai fondu pleinement dans le maloya et je me suis mis à fabriquer des instruments de musique traditionnelle comme le bobre, le kayamb, le sati, le piker, le rouler. C'est pour moi une véritable passion et un moyen aussi de conserver et de transmettre l'histoire du maloya à tout le monde et surtout à nos enfants.
J'ai appris le métier tout seul et aujourd'hui je milite pleinement pour la transmission du maloya qui pour moi est un véritable art de vivre. Les gens, les associations, les artistes, les touristes sont de plus en plus intéressés par les instruments du maloya, il y a une forte demande dans ce sens. C'est une bonne chose et cela montre que le maloya est intégré dans la vie culturelle réunionnaise et surtout reconnu partout.
Moi-même j'interviens souvent dans les écoles par le biais du Rectorat. Voir les enfants jouer au kayamb, à tous les instruments, c'est vivre de grands moments de bonheur. Il faut donc poursuivre dans ce sens, continuer la formation des jeunes, leur inculquer les bases du maloya comme le fait la Région. »


« Le maloya se transmet en effet de génération en génération. Il a profondément marqué l'histoire culturel de La Réunion. Le maloya représente beaucoup plus qu'une musique, une danse : c'est modèle du Vivre-Ensemble qui donne toute sa force à la reconnaissance de notre identité réunionnaise. « Un pays ne peut pas vivre sans sa culture, La Réunion ne peut pas vivre sans le maloya »
Firmin Viry Grand défenseur du maloya

ASSUMER PLEINEMENT NOTRE DEVOIR DE TRANSMISSION

« Le Village Maloya représente un bel outil pédagogique qui permet aux enfants de découvrir et de vivre pleinement le maloya, dans toute sa diversité et ses richesses. Il est fondamental d'offrir à notre jeunesse la connaissance de l'histoire réunionnaise, la découverte du patrimoine culturel réunionnais, notre culture, notre maloya. Maloya sa lé a nou !
Les actions au niveau des écoles sur l'histoire du maloya réparent aussi de grandes injustices culturelles et historiques. Car il y a de nombreuses années de cela, le maloya était interdit à la Réunion et il n'était pas présent dans les écoles. Aujourd'hui, le maloya est partout, dans les écoles, dans la rue, c'est une musique populaire, une musique qui voyage à travers le monde également. Le maloya c'est vraiment une grande fierté pour La Réunion »
Jimmy Toave Professeur de musique, acteur du maloya

NOS JEUNES ADORENT LE MALOYA ET LE MORINGUE
Depuis plusieurs années, j'enseigne la découverte du maloya et la pratique du moringue dans les écoles, dans les quartiers populaires, au sein des collectivités. Je peux vous dire que les jeunes sont très intéressés et y participent avec joie et fierté. Tout passe par l'éducation en fait. Le maloya et le moringue permettent aux jeunes de s'épanouir, de s'insérer dans une dynamique culturelle, de capter les repères de notre histoire. Le moringue et le maloya c'est tout un art, c'est le respect, c'est une force. Nous sommes tous des moringeurs, des enfants du maloya »
Ernauf Iaffare Moringeur

PROGRAMMATION


PUBLIC SCOLAIRE : ÉDUCATION PATRIMONIALE POUR LES JEUNES

DU 28 SEPTEMBRE AU 06 OCTOBRE :
Interventions dans des écoles du premier degré et des lycées
Pour 2020, année du 11ème anniversaire de l'inscription du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO,
la 9ème édition du "Village Maloya" fait la part belle à un programme d'actions proposé aux lycéens et aux élèves des établissements du 1er degré. Dans le cadre de cette initiative menée au titre de l'Éducation Patrimoniale, des animations culturelles, artistiques et pédagogiques seront ainsi organisées dans des établissements des quatre micro-régions de l'île, du lundi 28 septembre au mardi 06 octobre 2020.

DU 28 SEPTEMBRE AU 06 OCTOBRE :
Interventions dans les écoles
- Actions menées en direction des scolaires : 55 établissements du 1er degré bénéficieront sur l'ensemble de l'île d'interventions menées en partenariat avec le Rectorat.

LES 1ER ET 05 OCTOBRE :
Interventions dans les lycées
- Jeudi 1er octobre : lycée Antoine Roussin de Saint-Louis
- Lundi 5 octobre : lycée Sainte-Anne
- Lundi 5 octobre : lycée Saint-Paul

PROGRAMMATION
TOUT PUBLIC
SAMEDI 03 OCTOBRE-MUSÉE STELLA MATUTINA

DE 9H À 20H00 :
Le "Village Maloya", est un véritable carrefour de rencontre, de découverte, de partage, de transmission qui nous réconcilie avec l'histoire de La Réunion et celle bien évidemment du Maloya. Mais aussi, un véritable tremplin pour les artistes et groupes de La Réunion. Il permet à des groupes de l'ombre de se faire connaître au grand jour, de se produire sur un podium devant un public nombreux et aux meilleurs groupes de l'île d'occuper le haut de l'affiche.
Ainsi, le site historique du Musée Stella Matutina de Saint-Leu va résonner au son et au rythme du Maloya dans le cadre de l'inscription du Maloya sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l'UNESCO survenue le 1er octobre 2009. Un Village Maloya qui sera en effet organisé à l'occasion d'une journée dédiée au grand public le samedi 3 octobre 2020.

9H/ Ouverture du "Village Maloya", expositions, ateliers...
9H 30/ Inauguration du village, spectacle de Maloya Zanatany Maloya
11H/ Tambourissa Maloya
10H ET 14H/ Visite guidée du musée au rythme du Maloya Tienbo Dobout


LES EXPOSITIONS
- Il était une fois la liberté
- Le Maloya, sur le chemin de l'intériorité et de la transcendance
- Le Maloya, l'âme réunionnaise
- La route de l'esclave et de l'engagé dans l'océan Indien
- Les usines sucrières, l'âme agricole et culturelle de La Réunion


LES ATELIERS
- L'Afrique, histoire, instruments de musique, savoir-faire...
- Madagascar, un patrimoine authentique, chant, danse...
- De la période esclavagiste au grand musée Stella Matutina
- Traditions réunionnaises
- Fabrication de bobre
- Instruments de musique de La Réunion et de l'océan Indien
- Ateliers marmailles (coloriage, peinture, case en carton, petit roulèr et kayamb...)


PROGRAMMATION / CONCERTS
Maloya dan'rond
13 H/ Les Tambouriers de l'association Ganga
13H30 / Zendémik
14H15/ Lorans Kabar ô Maloya
15H30/ Troupe Mamass'Bé
16H30/ Héritaz Maloya
17H30/ Destyn Maloya et ses invités


PRÉSENTATION DES EXPOSITIONS

- Il était une fois la liberté
Cette exposition retrace l'histoire de La Réunion à travers plusieurs événements de 1613 avec l'arrivée des premiers visiteurs Anglais à La Réunion jusqu'au 1er octobre 2009, année de l'inscription du Maloya au Patrimoine Culturel Immatériel de l'Unesco. Parmi les thèmes développés : Saint-Paul, Berceau du peuplement ; la première carte intérieure de l'île ; les premières femmes et premier marronnage ; les premiers enfants de Bourbon ; le café pays ; la première abolition de l'esclavage ; le début de l'immigration indienne ; le premier 20 décembre ; l'aventure du thé ; la reconnaissance du Maloya...
- Le Maloya, sur le chemin de l'intériorité et de la transcendance

Le classement du Maloya en 2009 (en fait le séga ou -tchega- des esclaves) sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Unesco est une véritable consécration du travail culturel réalisé par les esclaves qui ont peuplé cette colonie française.

Quand aujourd'hui, à la fin d'octobre, le tambour résonne et commence le culte des ancêtres, dans des familles afro-malgaches, c'est ce chant du fond de la cour qui est entonné et fait vibrer les corps. Le Maloya et le culte des ancêtres sont des purs trésors venus de la nuit de l'esclavage. Marronnage, lignée ancestrale, Maloya sont trois réalités intimement liées qui mènent à l'intériorité, au respect des valeurs transmises par les aînés et à la transcendance.

- Le Maloya, l'âme réunionnaise
Cette exposition nous plonge au coeur de l'histoire du Maloya. Elle comporte plusieurs parties :
> Les instruments de musique traditionnels du Maloya (exposition et initiation)
> Espace de différenciation du Maloya sacré et maloya festif démontrant les évolutions du Maloya
> Maloya identité, les grandes luttes du Maloya pour sa reconnaissance, exposition de tous les jacquettes
du Maloya (45 tours et 33 tours)
> Exposition des portraits des grands zarboutan du Maloya (dessins)
> Le Maloya dans l'art et la littérature (objets, affiches, sculptures, peinture, livres, photos...)


PROGRAMMATION PRÉSENTATION DES EXPOSITIONS

- La route de l'esclave et de l'engagé dans l'océan Indien
Dans le cadre du projet « Route de l'esclave et de l'engagé » initié par l'UNESCO en 1998, des stèles ont été élevées sous l'impulsion de feu l'Historien Sudel Fuma dans les pays d'où ont été puisés les esclaves puis les engagés pour venir travailler à l'île Bourbon/La Réunion et assurer son décollage économique de 1663 au début des années 1930.

Mieux connaître et faire connaître les composantes de la traite, permettre aux peuples concernés, mais aussi aux autres, d'assumer une mémoire commune, tel était le fondement de cette entreprise. Cette exposition met en valeur l'histoire des différentes stèles implantées à Maurice, au Mozambique, à Madagascar, à Mayotte-Comores, en Inde, en Chine et bien sûr à La Réunion. Cette année 2020 marque le 10ème anniversaire de la route de l'esclave en Inde et le 15ème anniversaire de la route de l'esclave à La Réunion. A cette occasion, sera présentée au public la nouvelle carte de la route de l'esclave et de l'engagé, une plaquette regroupant les cartes postales de toutes les stèles...

- Les usines sucrières, l'âme agricole et culturel de La Réunion
Cette exposition photographique met en valeur le rôle important qu'ont joué les anciennes usines réunionnaises sur le plan agricole, économique, social et culturel. Les photos proviennent de la collection privée de M. Eric Boulogne, des familles de planteurs. Des ouvrages sur l'agriculture réunionnaise seront également exposés.


Krysla CHANE-SING-GUAN
Chargée de communication FEDER - INTERREG & Coopération
Direction Communication
Mèl. : krysla.chane-sing-guan@cr-reunion.fr
Fixe : 0262 48 70 63
Mobile : 0693 880 272


REGION Réunion

Didier Robert
Président de la Région Réunion



Hôtel Région Pierre LAGOURGUE
Avenue René Cassin Moufia
B.P 67190 - 97801 SAINT DENIS
Tél : 02 62 48 70 00

Pauline PARIS
Chargée de communication
T 0262 48 71 24

pauline.paris@cr-reunion.fr




Réunion (auparavant île Bourbon ) est une région d’outre-mer au sein de la République Français. Géographiquement elle est une île de l’océan Indien en Afrique de l’Est, à l’est de Madagascar et 175 km (109 mi) au sud-ouest de l’île Maurice. En janvier 2020, elle comptait 859 959 habitants.

Comme en France, la langue officielle est Français. En outre, la majorité de la population de la région parle créole réunionnais.

Sur le plan administratif, la Réunion est l’une des 18 régions de France,avec le statut modifié de la région d’outre-mer, et une partie intégrante de la République avec le même statut que la France métropolitaine. La Réunion est une région ultrapériphérique de l’Union européenne et fait partie de la zone euro.


LA RÉGION, COMMENT ÇA MARCHE ?

En France, la Région est une division administrative du territoire et une collectivité territoriale décentralisée. Quel est son fonctionnement?

La Présidente / le Président
Elu par les conseillers régionaux, le Président est le “chef» de l’exécutif régional; fixe les priorités de la politique régionale; préside l’assemblée plénière, conduit les débats et fait exécuter les décisions par les services administratifs. Il est en outre responsable du budget régional.

L’Assemblée régionale
C’est le «parlement» de la Région. L’ensemble des élus y siège au moins une fois par trimestre pour décider des grandes orientations de la politique régionale. Le nombre d’élus varie d’une Région à l’autre en fonction de la taille du territoire et du nombre d’habitants. L’assemblée plénière vote notamment le budget.

La Commission permanente
Il s’agit d’une assemblée plus restreinte composée du président, de ses vice-présidents et d’un certain nombre de conseillers régionaux (selon les règlements intérieurs en vigueur dans chaque Région). Tous les groupes politiques y sont représentés, en fonction du verdict des urnes. La commission permanente se réunit chaque mois pour mettre en pratique la politique régionale fixée par l’assemblée plénière en décidant au cas par cas des affaires courantes : elle examine et se prononce sur les dossiers proposés par les commissions thématiques.

Les Commissions thématiques
Economie, transports, culture, formation… autant de sujets qui méritent une attention particulière, une expertise approfondie. C’est le rôle des Commissions thématiques. Elles examinent les dossiers montés à leur demande par les services administratifs puis élaborent les délibérations qui seront soumises au vote final de la commission permanente ou de l‘assemblée plénière.

Le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER)
Composé de membres représentants des acteurs socioéconomiques de la Région tels que les entreprises, les syndicats, les chambres de commerce ou d’agriculture ou encore les ONG, le CESER donne son avis sur les grandes orientations de la politique régionale. S’il est obligatoirement saisi de certains dossiers comme la préparation du budget régional, le CESER peut être consulté par le Conseil régional pour n’importe quelle question relative à sa politique et peut même s’autosaisir pour tout sujet d’intérêt régional. Les avis du CESER offrent un éclairage complémentaire aux élus du conseil régional.

Les services administratifs
Les agents régionaux sont chargés de la préparation des dossiers et de l’application des décisions prises par les élus.

LA RÉGION, QUELLES COMPÉTENCES ?
Promulguée le 7 août 2015, la loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRe) confie de nouvelles compétences aux Régions et redéfinit les compétences attribuées à chaque collectivité territoriale. Voici une synthèse des compétences des Régions au 29 septembre 2016.

La loi NOTRe supprime en premier lieu la clause générale de compétences pour les Régions et les Départements. Cette disposition législative donnait aux collectivités un pouvoir d’initiative pour développer de nouvelles politiques, en dehors de leurs compétences obligatoires. Cette suppression doit améliorer l’efficience des politiques publiques, en limitant les cofinancements.

DES RÉGIONS PLUS FORTES

Moins nombreuses mais plus fortes, les Régions sont en charge de la coordination sur leur territoire de toutes les actions en faveur de l’économie et de l’animation des pôles de compétitivité. Elles pilotent toutes les politiques en matière de transport par trains express régionaux (TER), ainsi que les transports inter-urbains.

Elles disposent de l’autorité de gestion des fonds européens depuis 2014. Elles sont pleinement responsables en matière de formation professionnelle depuis le 1er janvier 2015.

LES COMPÉTENCES EXCLUSIVES DES RÉGIONS


Transports

Après une expérimentation démarrée en 1997, les Régions sont devenues autorités organisatrices des transports en 2002, lors de la décentralisation du TER aux Régions. Depuis cette date, les Régions contractualisent avec SNCF pour que celle-ci mette en œuvre les services TER qu’elles ont préalablement définis.

Les Régions investissent pour acquérir des nouveaux trains modernes, confortables et accessibles. A travers les Contrats de plan Etat-Régions (CPER), elles financent de nombreux projets de modernisation du réseau. Le transport est aujourd’hui le premier poste budgétaire des Régions.

Par la loi NOTRe du 7 août 2015 et la plateforme Etat-Régions du 27 juin 2016, les Régions ont acquis de nouveaux leviers de pilotage pour conduire leurs politiques de mobilité en particulier en matière de transport ferroviaire, et deviennent ainsi des autorités organisatrices de transport de plein exercice.

Le transfert des compétences des Départements à la Région en matière de transports interurbains et de transports scolaires est prévu en 2017. Les gares publiques routières du Département (hors Ile de France et métropole de Lyon) seront transférées à la région au 1er janvier 2017. Concernant les aérodromes, le transfert est de droit pour certains aérodromes relevant de la compétence de l’Etat. Enfin, 272 ports dont l’autorité portuaire est le département sont concernés par le transfert qui devra être effectif au plus tard au 1er janvier 2017.


Enseignement secondaire et supérieur

Depuis les premières lois de décentralisation, la Région s’occupe de la construction, de l’entretien et du fonctionnement des lycées d’enseignement général, des lycées professionnels et des établissements d’enseignement agricole. En 2016, les Régions consacrent 6,6 milliards d’euros à la politique éducative dont 2,7 milliards d’euros d’investissements dans les établissements.

Dans le domaine de l’enseignement supérieur, les récentes lois MAPTAM et NOTRe ont conforté et renforcé le rôle de la Région, reconnue comme un interlocuteur privilégié de l’Etat et comme le chef de file de l’intervention des collectivités territoriales. Les Régions ont ainsi à établir des stratégies régionales pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation (SRESRI) afin de mieux coordonner leurs actions sur les territoires et de s’articuler étroitement avec les stratégies de développement économique (SRDE-II) et d’aménagement du territoire (SRADDET).


Formation professionnelle, apprentissage et alternance

Dès 1983 les Régions se sont vues confier la compétence de formation professionnelle des jeunes et des demandeurs d’emplois, ainsi que des politiques d’apprentissage. Les lois de 1993 et 2004 ont renforcé la place des Régions. Depuis 2004, elles sont chargées des formations sanitaires et sociales (infirmier.e, aide-soignant.e, ambulancier.e, sage-femme, masseur.euse-kinésithérapeute, assistant.e de service social, éducateur.trice spécialisé.e, etc.). La loi Formation professionnelle du 5 mars 2014 a achevé le transfert de l’ensemble de la compétence formation aux Régions:

mise en place du Service public régional de l’orientation
création d’un Service public régional de la formation professionnelle
possibilitéì pour les Régions de recourir aux habilitations
transfert aux Régions de la formation des publics spécifiques : détenus, handicapés, illettrés.
Enfin, la loi NOTRe de 2015 a introduit la possibilitéì de délégation aux Régions de l’animation des opérateurs du service public de l’emploi (missions locales, maisons de l’emploi, Cap emploi, PLIE…) , à l’exception de Pôle Emploi.


Développement économique, innovation

La Région doit présenter un schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDE-II) qui définit les orientations en matière d’aides aux entreprises, de soutien à l’internationalisation, d’aides à l’investissement immobilier et à l’innovation des entreprises.

Le SRDE-II définit également les orientations en matière d’attractivité du territoire régional et de développement de l’économie solidaire.

La Région est seule compétente pour définir les aides et les régimes d’aides générales (subventions, prêts, avances remboursables, etc.) en faveur de la création ou de l’extension d’activités économiques ou des entreprises en difficulté.

La Région anime les pôles de compétitivité.


Aménagement du territoire et environnement

La Région doit présenter un schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET). Celui-ci fixe les objectifs en matière d’équilibre et d’égalité des territoires, d’implantation des différentes infrastructures d’intérêt régional, de désenclavement des territoires ruraux, d’habitat, de gestion économe de l’espace, d’intermodalité et de développement des transports.

Le SRADDET fixe également les objectifs de maîtrise et de valorisation de l’énergie, de lutte contre le changement climatique, de lutte contre la pollution de l’air et de biodiversité. Ses objectifs s’imposent aux documents d’urbanisme des communes et des intercommunalités.

La Région élabore par ailleurs un plan régional de prévention et la gestion des déchets qui a pour objectif de simplifier et de mettre en cohérence des mesures applicables en matière de déchets.

Les Régions volontaires pourront se voir attribuer tout ou partie des missions d’animation et concertation dans le domaine de la gestion de l’eau et des milieux aquatiques.


Gestion des programmes européens, agriculture

Autorité de gestion des fonds européens (FEDER, FEADER et une partie du FSE) depuis le 1er janvier 2014, les Régions ont le pouvoir de « corrections et sanctions financières » jusqu’ici dévolu à l’Etat. Déjà autorité de gestion par délégation jusqu’en 2014, elles ont dorénavant le devoir de sélectionner et de coproduire avec les autres collectivités les projets territoriaux.

Le renforcement des compétences des Régions en matière de développement économique et d’aménagement du territoire, conjugué au transfert de la gestion du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) consacre leur rôle de véritable pilote des politiques agriculture et de développement rural à l’échelon régional. Avec le transfert du FEADER, les Régions deviennent responsables de l’écriture et de la bonne mise en œuvre de programmes opérationnels régionaux, les Programmes de Développement Ruraux (PDR) régionaux sur 2014-2020, et gèreront désormais près de 1,8 milliard d’euros par an.

LES COMPÉTENCES PARTAGÉES AVEC LES AUTRES COLLECTIVITÉS

Sport et Culture

Les Régions sont chargées de l’Inventaire général du patrimoine et des enseignements artistiques. Les Régions contribuent à promouvoir la diversitéì culturelle, à soutenir la création y compris dans les territoires les plus isolés, à renouveler les publics à travers l’action culturelle et l’éducation artistique. Grâce à la loi MAPTAM du 27 janvier 2014, les Régions peuvent exercer « en lieu et place de l’Etat, certaines de ses compétences » comme dans la chaine du livre et le cinéma.

Pour les langues régionales, la loi NOTRe du 7 août 2015 précise que le « Conseil régional a compétence pour assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales, dans le respect de l’intégrité, de l’autonomie et des attributions des Départements et des Communes”.

Depuis le 1er janvier 2016, les 17 centres de ressources d’expertise à la performance sportive (CREPS) sont transférés de l’Etat aux Régions.

Autres compétences partagées

Le tourisme: la Région est chef de file pour le tourisme
Le logement
L’éducation populaire
La lutte contre la fracture numérique
La santé