L'Association Médicale Mondiale condamne le récent meurtre d'un médecin et appelle à la libération de confrères incarcérés

AMM Association médicale mondiale - 09/09/2019 10:40:00

INDE 3 septembre 2019

La hausse des violences contre des professionnels de santé à travers le monde a fait une nouvelle victime, alerte l'Association médicale mondiale : il s'agit d'un médecin de 73 ans qui a été tué en Assam, dans le nord-est de l'Inde, la semaine dernière.
Le médecin-chef résident aurait été absent au moment où un ouvrier d'une plantation de thé a été amené à l'hôpital dans un état critique. Le patient est décédé et selon les informations disponibles, cet évènement a donné lieu à une flambée de violence pendant laquelle le médecin a été brutalement attaqué et a trouvé la mort.

Le président de l'AMM, le Dr Leonid Eidelman a déclaré que ce meurtre était un nouvel exemple terrible de la vague de violence qui touche les professionnels de santé en Inde et partout dans le monde.
Dans un courrier adressé au Premier ministre Modi, le Dr Eidelman a souligné : "Les professionnels de santé sont menacés et attaqués, parfois même lorsqu'ils assurent des soins de santé vitaux en urgence. Ils peuvent être délibérément ciblés ou servir de boucs émissaires, comme dans le cas du Dr Dutta.
Une telle violence ne peut manquer de porter gravement atteinte à l'intégrité physique et morale des professionnels de santé, ainsi qu'à leur travail, avec des conséquences sur les soins de santé qu'ils dispensent et la sécurité des patients. En outre, la propagation d'une telle violence tend à banaliser ces actes et à instiller la défiance envers les professionnels de santé."
Le Dr Eidelman a ajouté que ce nouvel évènement exigeait une réaction ferme du gouvernement indien, qui devait s'attaquer aux racines de cette violence. L'AMM se joint aux appels de l'Association médicale indienne pour la tenue d'une réunion d'urgence sur la question de la violence à l'encontre des professionnels de santé.

À la suite de ce meurtre, les médecins indiens organisent aujourd'hui 3 septembre une journée de la solidarité et les membres assamais de l'Association médicale indienne observent une grève des services médicaux de routine.

TURQUIE 15 août 2019

L'Association médicale mondiale (AMM) et le Comité permanent des médecins européens (CPME) déplorent l'arrestation de quatre professionnels de santé turcs, accusés d'avoir prodigué des soins médicaux à un enfant blessé pendant le couvre-feu, en Turquie.

Les quatre soignants, un médecin, le Dr Nesim Sayýn, et trois infirmières ont été arrêtés et emprisonnés par les autorités turques il y a quelques jours à la suite d'une intervention musclée de la police à leur domicile. Selon leurs avocats, ils ont prodigué des soins à un enfant blessé de douze ans en 2015, à une période où avait été déclaré un couvre-feu et où il était quasi impossible d'avoir accès à des services de santé. Ils sont maintenant détenus à la prison de Þýrnak sous le chef d'accusation de soutien à une activité terroriste.

Dans une lettre adressée au président turc, le Dr Frank Ulrich Montgomery, président du Conseil de l'AMM, ainsi que le président du CPME ont protesté contre la brutale arrestation des quatre professionnels de santé.
Il a déclaré : "La disproportion entre les faits reprochés et les mesures prises par les autorités turques est abyssale. Nous doutons que prodiguer des soins à un enfant de douze ans blessé puisse constituer un crime de nature à menacer l'ordre public et justifiant une telle descente de la police.

Ces professionnels de santé n'ont rien fait d'autre que de respecter leurs obligations, conformément aux principes éthiques de la médecine. Notre code de conduite prescrit en effet qu'un médecin ait l'obligation de veiller au respect absolu de la vie humaine. Il est donc de notre responsabilité de dispenser des soins médicaux à ceux qui en ont besoin, partout, et y compris dans des situations d'urgence.
Sanctionner ceux qui prodiguent des soins de santé à des personnes blessées est à la fois une aberration et une violation flagrante des principes d'éthique médicale, du droit humanitaire et des droits humains."
Le Dr Montgomery a ajouté : "Le droit humanitaire international, dont les instruments ont été ratifiés par la Turquie, exige des professionnels de santé d'assurer les soins médicaux et l'assistance nécessaires à ceux qui en ont besoin en toutes circonstances. Il est affligeant que de telles actions soient pénalisées.
Nous exhortons les autorités turques à le reconnaître et à abandonner immédiatement les charges qui pèsent sur ces professionnels de santé et à relâcher ces personnes."