Simplifier, s'adapter et s'inspirer des start-up : les conseils du chef José Andrés à la communauté du développement

La Banque Mondiale - 15/04/2019 12:35:00


La communauté du développement devrait simplifier ses objectifs, s'attacher à s'adapter plus qu'à planifier et s'inspirer des start-up, a déclaré le chef cuisinier renommé et engagé dans l'humanitaire, José Andrés, lors d'une manifestation organisée vendredi à la Banque mondiale. C'est après le séisme qui a dévasté Haïti en 2010 que Jose Andrés a créé l'association World Central Kitchen. Le chef s'est rendu sur place pour y servir des repas gratuits aux sinistrés. Près de dix ans plus tard, World Central Kitchen est toujours présente à Haïti, où elle compte désormais 26 cuisines et 25 000 bénévoles, avec à son actif pratiquement 4 millions de repas servis. Les cuisiniers bénévoles ont travaillé dans plusieurs autres pays, et notamment à Porto Rico, où ils ont servi plus de 3,7 millions de repas à la suite du passage de l'ouragan Maria.

Jose Andrés, tout juste de retour d'un voyage d'une semaine au Mozambique où il est venu en aide aux populations frappées par les inondations dues au cyclone Idai, a partagé avec la communauté du développement les enseignements tirés de ses activités caritatives :
- Premièrement, nous devons tous simplifier nos objectifs. Quand on agit pour nourrir ceux qui ont faim, il y a un plan évident qui s'impose.
- Deuxièmement, l'expertise et la participation des populations locales sont indispensables pour assurer la réussite des opérations d'aide.
- Troisièmement, l'important n'est pas tant d'avoir un plan élaboré que d'être capable de s'adapter en fonction des circonstances sur le terrain.
- Quatrièmement, les organisations doivent être davantage en mesure de répondre spécifiquement aux problèmes qui se posent. À la manière des start-up, elles doivent pouvoir s'adapter facilement et apprendre de leurs échecs.

Selon Alison Evans, directrice générale du Groupe indépendant d'évaluation de Banque mondiale, qui était aux côtés de Jose Andrés pour cet événement, les organisations ont en effet souvent du mal à évoquer leurs insuccès alors qu'elles auraient beaucoup à gagner d'examiner les projets qui ont échoué. Alison Evans est revenue sur un certain nombre d'évaluations récentes pour montrer comment le Groupe de la Banque mondiale pourrait mieux servir les minorités et les exclus. À l'échelle mondiale, le nombre de personnes qui vivent dans l'extrême pauvreté a reculé de 1,8 milliard en 1990 à 736 millions aujourd'hui. Mais les progrès sont inégaux d'un pays à l'autre, et les taux de pauvreté restent inchangés pour certains groupes de population. Parmi ces groupes vulnérables, il y a notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées et les minorités ethniques et religieuses. Alison Evans a mis l'accent sur l'importance de viser délibérément les groupes vulnérables et souvent exclus, de prévoir les moyens spécifiques qui permettront d'offrir des perspectives à ces populations et d'assurer un suivi précis des effets de redistribution tout au long du cycle de vie des projets. La responsable des évaluations a reconnu que les interventions de la Banque mondiale n'avaient pas un impact systématique sur les plus pauvres et encouragé l'institution à exploiter la technologie pour mieux suivre les résultats des projets pour les habitants les plus pauvres et vulnérables.