Migrations : le chef de l'ONU appelle à se concentrer sur les aspects positifs

ONU - Organisation des Nations Unies - 12/01/2018 19:00:00


11 janvier 2018 - Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé jeudi à se concentrer sur les aspects « largement positifs » des migrations, à l'occasion de la publication d'un rapport intitulé 'Rendre les migrations bénéfiques pour tous'.

« Permettez-moi de souligner ceci : les migrations sont un phénomène mondial positif. Elles génèrent de la croissance économique, réduisent les inégalités, relient des sociétés différentes et nous aident à surmonter les vagues démographiques de croissance et de déclin de la population », a dit M. Guterres lors de la présentation de ce rapport.

Il a reconnu toutefois que les migrations étaient « aussi une source de tensions politiques et de tragédies humaines ». « Globalement, les migrations restent mal gérées », a-t-il souligné.

Le rapport décrit la réalité des migrations aujourd'hui et à quoi un système de migrations sûres, ordonnées et régulières pourrait ressembler de manière réaliste. Le document identifie également les principaux défis et les solutions possibles et appelle à une action collective plus concertée.

« Dans mon rapport, je demande que nous nous concentrions sur les aspects positifs des migrations et que nous utilisions les faits et non les préjugés comme base pour relever les défis. Avant tout, je préconise un discours respectueux qui place notre humanité collective au centre du débat », a insisté M. Guterres.

« Les migrants apportent une contribution majeure au développement international - à la fois par leur travail et en envoyant des fonds dans leur pays d'origine. Les envois de fonds ont totalisé près de 600 milliards de dollars l'année dernière, soit trois fois l'aide au développement », a-t-il ajouté.

Selon lui, le défi fondamental consiste « à maximiser les avantages de cette forme ordonnée et productive de migrations tout en éliminant les abus et les préjugés qui font de la vie d'une minorité de migrants un enfer ».

La Représentante spéciale de l'ONU pour les migrations, Louise Arbour, a estimé pour sa part qu'un long chemin avait été parcouru « pour comprendre la complexité des problèmes et l'éventail des options politiques qui s'offrent à nous alors que nous travaillons pour mieux gérer les migrations internationales ».

« Nous avons également reconnu la nécessité de mieux collecter et analyser les données, car des choix judicieux et intelligents doivent reposer sur des faits, et non sur des hypothèses et des mythes », a-t-elle ajouté.

Le Secrétaire général a estimé que la question des migrations appelait une « réponse multilatérale claire ».

« C'est un phénomène qui touche à toutes nos priorités collectives - de la poursuite des objectifs de développement durable à la promotion et à la protection de la paix et des droits de l'homme universels », a-t-il dit.

« J'exhorte tous les États membres à s'engager ouvertement et activement dans les négociations à venir. Je vous encourage à travailler à l'adoption d'un Pacte mondial sur les migrations axé sur des solutions lors de la Conférence internationale au Maroc plus tard cette année », a-t-il conclu, ajoutant qu'il était prêt à apporter son assistance.