Entreprise SODIMATEX : Yves Rome et Gilles Masure interpellent Christian Estrosi
Conseil Général de l'Oise
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20/03/2010 15:15:20
« Les élus de la majorité départementale sont mobilisés et accompagnent les salariés en difficulté, pour la défense de leurs emplois et de leurs droits. Ainsi, dernièrement, Yves Rome et Gilles Masure ont rencontré les salariés de l'entreprise SODIMATEX de Crépy-en-Valois.
SODIMATEX (groupe Trèves) a bénéficié, fin 2008, du soutien financier de l'Etat à travers 55 millions d'euros d'aides publiques (Fonds de Modernisation des Equipements Automobiles), afin de sauvegarder l'emploi et l'activité.
Or, force est de constater que les 92 emplois de ce site sont aujourd'hui menacés, l'entreprise ayant annoncé la fermeture du site, et ce malgré la suspension du plan social par le TGI de Senlis et la Cour d'appel d'Amiens.
Le cas est unique en France et mérite toute notre attention, tant la situation des employés est scandaleuse : l'entreprise préférant avoir recours à des sous-traitants plutôt qu'à ses propres salariés, et faisant tourner à perte l'entreprise (frais de structure et de personnel) pour près de 1 million d'euro par mois !
A travers la lettre ouverte que nous venons d'adresser à Monsieur le Ministre de l'Industrie sur la situation de l'entreprise SODIMATEX de Crépy-en-Valois, nous sollicitons l'organisation sans plus tarder d'une table-ronde avec les représentants des salariés, la direction de l'entreprise et les pouvoirs publics, afin que soit rétabli le dialogue et que la situation des salariés soit enfin prise en considération avec le respect qui leur est dû.
Nous appelons également M.Estrosi à venir rencontrer les salariés à Crépy-en-Valois, et a exprimer une position claire permettant de débloquer la situation unique de ces salariés. »
Yves Rome,
Président du Conseil général de l'Oise
Gilles Masure,
Conseiller général de Crépy-en-Valois
Monsieur le Ministre,
Nous avons reçu dernièrement les salariés de l'entreprise SODIMATEX de Crépy en Valois (Oise) - groupe TREVES équipementier automobile-. Ils nous ont fait part, au cours de ce rendez-vous, du traitement inacceptable de la direction de l'entreprise à leur égard, qui contrevient aux dispositions légales en la matière et dilapide l'argent public.
Nous ne pouvons que partager les inquiétudes et la révolte exprimées par les salariés dès lors que les dirigeants du groupe persistent avec mépris à ne pas se conformer au droit, ce alors même que la justice a statué par deux fois- TGI de Senlis et Cour d'Appel d'Amiens -, en suspendant le plan social et en annulant la fermeture du site, aux motifs que le plan manquait de rigueur et que des mesures d'accompagnement insuffisantes étaient mises en oeuvre eu égard aux moyens dont dispose le groupe.
En effet, il apparaît que, suite à des difficultés rencontrées en début de crise économique, dans les derniers mois de l'année 2008, le groupe TREVES, pour surmonter les chutes d'activité, a bénéficié du soutien de l'Etat à travers une dotation de 55 millions d'euros issue du Fonds de modernisation des équipements automobiles (FMEA), le groupe étant considéré comme un partenaire stratégique du secteur automobile.
Or, quelques mois plus tard, la direction du groupe annonçait la fermeture du site de Crépy en Valois dans l'Oise, procédant au licenciement économique collectif de 92 salariés, bien qu'une expertise menée par un expert-comptable indique que l'activité de cette entreprise ne pénalise pas les comptes du groupe.
Dès lors, les salariés ont décidé de porter plainte contre l'entreprise en octobre 2009 pour détournement de fonds publics, mettant en avant l'absence d'utilisation des 55 Meuros alloués par le FMEA aux fins prévues, à savoir sauvegarder l'emploi et l'activité.
Cette situation est d'autant plus révoltante que l'argent public apparait dilapidé.
En refusant de prendre ses responsabilités dans l'élaboration d'un plan de reclassement efficace et de se conformer au droit du travail, en ayant recours à des sous-traitants plutôt qu'à ses salariés laissés à ce jour inactifs dans les murs de l'entreprise malgré l'annulation de la fermeture du site, la direction s'entête à faire tourner à perte l'entreprise - les frais de structure et de personnel, en dehors de toute réelle production, coûtent depuis la fin de l'année 2009 près de 1 million d'euros au groupe par mois -.
Dans le contexte actuel de crise, fragilisant chaque jour un peu plus la situation de l'emploi, notamment dans l'Oise, avec l'enregistrement de plus de 3000 suppressions de postes dans l'industrie, le silence du gouvernement sur ce dossier laisse à penser que l'Etat cautionne de tels agissements.
Aussi, nous demandons l'organisation sans plus tarder d'une table-ronde avec les représentants des salariés, la direction de l'entreprise et les pouvoirs publics, afin que soit rétabli le dialogue et que la situation des salariés soit enfin prise en considération avec le respect qui leur est dû.
Par là même, Monsieur le Ministre, nous vous invitons à l'occasion de cette table-ronde à venir faire part, en personne, de la position du gouvernement, et vous prions de bien vouloir mettre tout en oeuvre pour faire respecter les jugements rendus par les tribunaux de ce pays et agir pour que les mesures nécessaires au reclassement des salariés et au maintien d'emplois sur le territoire isarien soient engagées.
Dans l'attente de vous lire, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de notre considération.
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