Education : le Conseil régional de Picardie tire la sonnette d'alarme
Conseil Régional de Picardie
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01/06/2008 14:20:00
Une Région qui a fait de l'éducation un axe prioritaire de son action. Un gouvernement dont la politique annihile tous ces efforts.
Conséquence dramatique : de plus en plus de jeunes Picards risquent de sortir du système scolaire sans qualification.
Dès mars 2004, la Région Picardie lançait le Plan régional éducation formation (PREF) avec pour objectif d'élever le niveau de formation des jeunes.
Janvier 2008, plus de 420 millions d'euros sont investis dans ce plan. Avec 200 millions d'euros à destination des seuls lycéens, le Conseil régional a déboursé, au total, plus de 3 000 euros pour chaque Picard scolarisé !
«Une manne financière grâce à laquelle nous avons pu considérablement réduire le nombre de jeunes sortant du système scolaire sans qualifi cation», se réjouit Claude Gewerc, président du Conseil régional de Picardie. Avant de reprendre, le visage grave, «mais ces succès risquent de se voir réduits à néant par la politique destructrice du gouvernement et les décisions unilatérales du rectorat qui en découlent... A savoir la suppression de postes d'enseignants».
350 postes d'enseignants supprimés en Picardie dès la rentrée prochaine.
Depuis 4 ans, 34 000 postes, essentiellement d'enseignants et d'encadrants ont été supprimés au niveau national par l'Etat.
Commentaire de Frédéric Fillion, vice-président chargé des Lycées au Conseil régional, «pour la seule académie d'Amiens, plus de 350 postes disparaîtront à la rentrée prochaine soit déjà plus d'un millier depuis 4 ans... Et ce n'est pas fini !».
Conséquences : fermetures de classes, disparitions d'options, non remplacement des enseignants en maladie et internats fermés faute de surveillants.
De son côté, la Région n'a jamais failli à sa mission. En maintenant, par exemple, le nombre d'agents techniques des lycées qui lui ont été transférés par l'Etat en 2004.
Constat de Frédéric Fillion, «le rectorat a, par ailleurs, unilatéralement décidé, sans aucune concertation, la généralisation massive et précipitée du Bac Pro sur 3 ans alors que cela ne devait être au départ qu'une expérimentation».
Et d'ajouter, «normalement, le bac pro se déroule en quatre ans. Deux années pour le BEP puis deux années supplémentaires pour aller jusqu'au Bac.
Les élèves qui ne désiraient ou ne pouvaient aller jusqu'au bac pro sortaient du système scolaire avec au moins un diplôme en poche, le BEP. Or, avec la formule sur trois ans, c'est tout ou rien... Quid des jeunes qui n'iront pas jusqu'au Bac Pro ? Ce sera encore à nous, collectivités, de répondre concrètement à des décisions inconsidérées de l'Etat».
Un Etat qui se désengage tout en gardant la main. Des collectivités locales obligées de payer sans broncher. Mais Claude Gewerc ne l'entend pas de cette oreille : «la volonté de l'Etat apparaît clairement : reprendre aux Régions leurs responsabilités en matière de formation, imposer ses projets de service public de l'éducation appauvri et faire payer la note à nos collectivités. Nous ne faiblirons pas dans notre ambition de participer au renforcement d'un grand service public de l'éducation. C'est pourquoi les groupes PS, Verts PRG, Communistes et progressistes, déposeront une motion lors de la session du Conseil régional du 30 mai prochain».
Catherine Dupré
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