Yémen : des civils à la merci des tirs isolés, et des bombardements et des frappes aériennes

ONU - Organisation des Nations Unies - 14/02/2018 13:55:00


Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, s'est dit alarmé lundi par le nombre continu de victimes civiles au Yémen alors que les hostilités augmentent et se propagent.

« La recrudescence des combats dans le sud-ouest du gouvernorat de Taez est particulièrement préoccupante. Les civils essuient des tirs de tous les côtés, alors que les forces Houthi et leurs affiliés mènent des attaques avec des tireurs d'élite et des bombardements aveugles, et que la coalition dirigée par l'Arabie saoudite continue de mener des frappes aériennes. Pour les civils de la ville de Taez, le conflit ne fait pas que s'aggraver, il est devenu inévitable », a déclaré le Haut-Commissaire.

Parmi les incidents vérifiés par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, figure celui de trois enfants qui ont été tués lorsque les forces Houthi ont bombardé le 6 février Usayfrah dans le district d'Al Qahirah au nord de Taez. Le 8 février, Reeham Badr Al Dhubhani ,une femme travaillant comme observatrice de terrain pour la Commission nationale d'enquête au Yémen, a été tuée dans les bombardements menés par les forces Houthi dans la région d'Al-Labs, dans le district de Salh.

« Reeham Badr Al Dhubhani a reçu une formation de mon bureau dans l'exercice du suivi des droits de l'homme, et nous envoyons nos plus sincères condoléances à sa famille et ses amis. Nous la pleurons et nous pleurons tous les milliers de Yéménites dont la vie a été détruite par ce conflit acharné », a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein.

L'intensification des affrontements armés à Taez entre les forces affiliées aux Houthis et les fidèles du président Abd-Rabbu Mansour Hadi au cours des dernières semaines a également alimenté les craintes que la violence dans les zones de la banlieue de la ville de Taez puissent se propager vers d'autres quartiers, y compris la zone densément peuplée d'Alhuban.

Entre le 1er et le 8 février, le HCDH a vérifié que 27 personnes ont été tuées et 76 blessées au Yémen - soit plus du double du nombre de victimes civiles comptabilisées au cours de la semaine précédente. Les chiffres actuels sont susceptibles d'être revus à la hausse. Par ailleurs, 48 personnes auraient été tuées par la Coalition et 51 par les forces Houthi. Deux ont été tuées par des drones et une par Al-Qaïda.

Au cours de cette période, le HCDH est aussi parvenu à documenter des tirs isolés et des bombardements aveugles perpétrés par les forces Houthi dans les zones de première ligne dans les gouvernorats d'Hudaydah et d'Hajja ainsi que des frappes aériennes menées par la Coalition dans les zones sous le contrôle des forces Houthi, y compris dans les gouvernorats de Sana'a, de Sa'ada, d'Hudaydah et d'Amran.

Huit civils, dont une femme et un enfant, ont été tués et 32 --blessés le 4 février lorsque trois frappes aériennes ont touché un bâtiment du ministère de l'intérieur dans la zone de Thahban, située dans le district de Bani Al Harith, dans le gouvernorat d'Amanat Al Asimah. Un responsable du HCDH qui a visité la scène a déclaré qu'il n'y avait pas de matériels militaires près du bâtiment, qui avait déjà été pris pour cible en janvier 2016.

« Les parties à ce conflit sont obligées de veiller constamment à épargner la population civile, en respectant les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Je leur rappelle que toute attaque directe et délibérée contre des civils ou des biens civils est considérée comme une violation grave du droit international humanitaire et qu'elles doivent prendre toutes les précautions possibles pour éviter et, en tout cas, minimiser l'impact de la violence sur les civils », a déclaré le Haut-Commissaire.

Entre le mois de mars 2015 et le 8 février 2018, le HCDH a recensé 15.467 victimes civiles au Yémen, dont 5.974 morts et 9.493 blessés.