Déplacement d'Alain Juppé au Conseil de Sécurité des Nations Unies à New York
Diplomatie - Ministère des Affaires étrangères et européennes
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01/02/2012 10:32:23
Le ministre d'État s'est rendu mardi 31 janvier à New York pour convaincre le Conseil de sécurité de prendre toutes ses responsabilités face à l'aggravation des crimes contre l'humanité commis par le régime syrien. Cette réunion a été souhaitée par la Ligue arabe, dont nous saluons et appuyons les efforts. Plusieurs ministres arabes et plusieurs ministre de pays membres du Conseil de sécurité devaient y prendre part.
La situation en Syrie demeure en effet dramatique et elle ne cesse de s'aggraver. Des dizaines de civils syriens ont été tués ces derniers jours par la répression sauvage menée par le régime syrien, notamment lors d'opérations militaires massives contre plusieurs villes, notamment dans la grande banlieue de Damas. Nous avons été particulièrement choqués par les rapports faisant état de l'assassinat de quatorze membres d'une famille de Homs dont huit enfants. Tout doit être fait pour mettre un terme à la spirale de violence qui résulte aujourd'hui de la répression sanglante menée depuis plus de dix mois par le régime de Bachar al-Assad.
Il est temps que le Conseil de sécurité puisse agir pour contribuer à la solution de cette crise. La France soutient les efforts de la Ligue arabe. L'enjeu de la réunion ministérielle de demain consiste à ce que le Conseil de sécurité puisse écouter le rapport de la Ligue, qui s'est engagée sur le terrain depuis la fin décembre, et qu'il puisse appuyer ses efforts et des préconisations.
Un projet de résolution à cet effet a été présenté vendredi dernier au Conseil de sécurité par le Maroc, au nom de la Ligue arabe. Il convient à présent d'adopter ce texte.
Conseil de sécurité - Syrie - (31 janvier 2012)
"Il n'y a plus de temps à perdre. En moins d'un an, la répression a fait plus de 5 000 morts. Chaque semaine perdue se traduit par des centaines de morts supplémentaires ; chaque jour perdu se traduit par des dizaines de nouveaux morts. A la mémoire de toutes les victimes, j'exhorte les membres de ce Conseil à voter sans attendre ce texte pour que s'enclenche un processus politique qui permette de mettre un terme au cauchemar syrien."
"Je tenais à venir assister personnellement à cette séance du Conseil de sécurité pour souligner la gravité de la situation en Syrie et l'urgence qu'il y a à ce que le Conseil de sécurité se prononce. La répression en Syrie ne cesse de s'aggraver, vous connaissez les chiffres : près de 6 000 morts, près de 400 enfants massacrés. Et chaque jour qui passe allonge cette liste. Il faut arrêter ce massacre. Le Conseil de sécurité ne peut pas rester silencieux face à une telle situation."
"Nous nous sommes concertés avant la réunion avec mes collègues américains et britanniques. Il faut arrêter le massacre. C'est le premier message que nous avons adressé à l'ensemble des membres du Conseil. Je ne redonnerai pas les chiffres, mais la répression est sanglante et s'aggrave de jour en jour, le risque de déclenchement d'une véritable guerre civile est très fort. Il est donc inacceptable que le Conseil de sécurité observe silencieusement la dégradation de la situation, je l'ai dit avec beaucoup de fermeté comme d'autres membres autour de la table."