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jeudi 17 mai 2012
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Communiqué

Egypte : Non aux expulsions forcées, oui à la consultation des habitants des bidonvilles

Amnesty International - 24/08/2011 18:35:57

Les autorités et partis politiques égyptiens doivent placer les droits des 12 millions d'habitants de bidonvilles du pays en tête de leurs priorités s'ils souhaitent satisfaire les demandes en faveur de la justice sociale et de la dignité humaine exprimées lors de la « Révolution du 25 janvier »Amnesty International publie un nouveau rapport intitulé 'We are not dirt': Forced evictions in Egypt's informal settlements , diffusé en amont des premières élections se tenant dans le pays depuis la chute de l'ancien président, Hosni Moubarak. Ce rapport rend compte de l'expulsion forcée de centaines de familles vivant dans les vastes bidonvilles du pays et donne des précisions sur la manière dont des personnes sont contraintes à quitter de prétendus « secteurs dangereux », où la vie ou la santé des habitants est dite en danger.


Absence de consultation des populations

Ce rapport de plus de 120 pages s'appuie sur deux années de recherches et fait état de la réticence des autorités égyptiennes à consulter les populations vivant dans les « secteurs dangereux » sur les projets visant à remédier à leurs conditions de logement inadaptées. D'après certaines sources officielles, environ 850 000 personnes vivent dans des zones que les autorités estiment « dangereuses », tandis que quelque 18 300 logements présentent un risque imminent d'effondrement.

À la suite d'un glissement de terrain fatal dans le bidonville de Manshiyet Nasser, au Caire, en 2008, les autorités égyptiennes ont identifié 404 « zones dangereuses » à travers le pays. À Manshiyet Nasser, des milliers de familles risquant d'être victimes de chutes de pierres se sont vu offrir des solutions de relogement, mais la plupart sont désormais loin de leur source de revenu et ne sont en général pas en possession des documents requis pour leur nouveau logement.
Les autorités manquent régulièrement à leur devoir consistant à informer les résidents comme il se doit avant que les forces de sécurité - dont la police militaire, ces derniers mois - ne viennent les déloger, bafouant ainsi les obligations de l'Égypte aux termes du droit international et de son droit national.

Amnesty International a découvert que de nombreux habitants de bidonvilles se sont retrouvés à la rue lorsque les autorités ont démoli leur logement contre leur gré et se sont abstenues de leur proposer de nouvelles habitations. Les recherches effectuées ont par ailleurs montré que les femmes - en particulier si elles sont divorcées, veuves ou séparées - subissent des discriminations de la part des autorités dans l'attribution des logements de substitution.

« Les plans du gouvernement pour les " zones dangereuses " sont essentiellement des projets de démolition n'accordant aucune place aux solutions permettant le cas échéant d'éviter les expulsions. Pas une seule des centaines de personnes avec lesquelles nous nous sommes entretenus n'a été informée en bonne et due forme avant d'être expulsée, ni consultée au sujet des solutions de relogement. Alors que les élections se profilent à l'horizon, les autorités égyptiennes ont l'occasion de réparer ce tort », a poursuivi Kate Allen.


Projet Grand Caire 2050

L'organisation a également encouragé les autorités à réévaluer certains programmes d'aménagement de grande envergure, comme le projet du Grand Caire 2050.

Ce projet, annoncé fin 2008, a pour but de « redistribuer » environ deux tiers de la population du Grand Caire en 2050, estimée à 30 millions, dans des villes nouvelles en périphérie.

Débarrasser la capitale de ses « cabanes » afin de libérer de l'espace pour des projets d'investissement semble être l'un des objectifs sous-jacents de ce plan d'urbanisme pour Le Caire à l'horizon 2050.

Dans le cadre de celui-ci, 35 700 familles vivant dans 33 « zones de cabane » au Caire et à Gizeh, notamment à Ezbet Abu Qarn dans le Vieux Caire, seraient transférées dans de nouveaux quartiers loin de leur logement actuel, et ainsi souvent arrachées à leur lieu de travail.