Donner aux mini-familles les allocations des familles nombreuses ?

Union des Familles en Europe - 10/06/2011 09:49:04

Tel est le sens d'une proposition de loi déposée par des députés UMP, emmenés par M. Estrosi. Basé sur des chiffres hautement fantaisistes, ce projet aggraverait les conditions de vie déjà difficiles des familles nombreuses, pénaliserait les classes moyennes et tarirait une fécondité fragile.

Des chiffres hautement fantaisistes : selon ces députés, le premier enfant coûterait 36 861 euros par an !!!! Le salaire annuel moyen des français étant de 18 000 euros, on ignore comment il est possible d'élever cet enfant ...

Haro sur les familles les plus modestes ! 47% des parents de famille nombreuse sont ouvriers. 48% des 2 millions d'enfants pauvres vivent dans des familles nombreuses. 33% des familles très nombreuses vivent dans des logements surpeuplés, contre 8% des familles élevant un seul enfant. Enfin, avec 4 enfants et le même revenu, le niveau de vie d'une famille est inférieur de 40% à celui d'une famille élevant un seul enfant. Est-il nécessaire d'aggraver la situation de ces familles en baissant leurs allocations ?

Un mauvais coup pour les classes moyennes : pour financer leur projet, en sus de la baisse des allocations des familles nombreuses, les députés proposent de mettre une nouvelle partie des allocations familiales sous conditions de ressources. A un an des élections, tous ceux qui sont « trop riches pour être pauvres et trop pauvres pour être riches » apprécieront. Ajoutons qu'aujourd'hui, la moitié des parents élevant 5 enfants et plus est de nationalité étrangère, cette fécondité élevée répondant à des habitudes culturelles, absentes dans la population autochtone. Avec une telle mesure, la proportion va croître encore car le « français moyen » ne pourra pas «se permettre » d'avoir plus de deux enfants.

Un risque pour la fécondité : 58% des bébés nés l'an passé sont des enfants de rang un. La fécondité française est caractérisée par un très faible taux de femmes sans enfants. Nul besoin, donc, d'encourager le premier enfant. Ceux qui manquent sont les enfants de rang 4 et plus : ils ont fondu de 12% en 1975 à 4% aujourd'hui.

Si MM les députés UMP sont capables de faire un petit calcul simple, l'Union des Familles en Europe leur pose le problème suivant : il y a aujourd'hui 2 actifs pour un retraité. Que ce passera-t-il lorsqu'il y aura un (enfant) actif pour deux (parents) retraités ?