Projet de loi sur l'immigration
France Terre d'Asile
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08/03/2011 12:26:58
L'examen en seconde lecture du projet de loi sur l'immigration, qui débute ce 8 mars 2011 à l'Assemblée nationale, offre de nouvelles opportunités à certains apprentis sorciers de la majorité présidentielle.
Les débats sur ce cinquième projet de loi sur l'immigration depuis 2002 ont débuté il y a plus d'un an avec l'arrivée qualifiée par Eric Besson de « brutale et massive » de 123 Kurdes sur les rivages de Corse en février 2010 et que des juges « trop laxistes » auraient laissé s'introduire sur le territoire national. A ce prétexte de protection des frontières, s'est ajouté l'alibi de la transposition de textes européens, un leurre alors que les mesures les plus contestées du projet relèvent de la seule initiative gouvernementale et parlementaire. Les stratèges élyséens ont alors décidé de faire durer le débat au mépris de toute réalité, de toute efficacité et de toute nécessité.
Un an plus tard et deux nouveaux ministres chargés de l'immigration plus loin, le Front national caracole en tête des sondages. Une partie de la droite parlementaire mais également, dans une certaine mesure, le gouvernement, qui ont balayé d'un revers de main les amendements de modération adoptés par les sénateurs, remettent le couvert de la surenchère en revenant sur la suppression de la déchéance de la nationalité pour les Français d'origine étrangère se rendant coupable de crimes contre un dépositaire de l'ordre publique.
Au delà des débats sur la possible élimination au premier tour de l'élection présidentielle du candidat de l'UMP ou du PS, ce qui nous préoccupe est l'extrême porosité des idées entre la droite extrême et l'extrême droite. L'immigration, qui est un phénomène complexe, et la protection des réfugiés méritent mieux que ces instrumentalisations répétées. L'urgence républicaine devrait nous obliger à renouer avec un récit positif de l'immigration, de ses apports et avec une vision raisonnée et d'intérêts partagés de la maitrise des flux.