Le service de médecine nucléaire de l'Hôpital René-Huguenin doté du cyclotron le plus performant pour mieux diagnostiquer les tumeurs
Institut Curie
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24/08/2010 18:30:00
L'Institut Curie et la société Advanced Accelerator Applications (AAA) viennent de signer un partenariat pour l'installation d'un cyclotron de production d'isotopes à l'Hôpital René-Huguenin. Ce cyclotron garantira la régularité et la qualité de l'approvisionnement en molécules nécessaires au fonctionnement des deux TEP scanners dont dispose l'Institut.
Par ailleurs, l'acquisition de ce cyclotron s'accompagne d'un vaste programme de recherche et de développement sur la synthèse et la validation préclinique et clinique de nouveaux radioisotopes en pharmacologie et en imagerie biomoléculaire. Ces développements s'inscrivent dans une démarche permanente de recherche et de développement technologique de l'imagerie à l'Institut Curie, offrant ainsi une meilleure qualité d'image et des traitements optimisés aux patients. « En s'associant avec le la société AAA pour l'installation d'un cyclotron de production d'isotopes, l'Hôpital René Huguenin de l'Institut Curie renforce sa position de leader en médecine nucléaire avec l'optique de toujours offrir aux patients les techniques d'imagerie les plus innovantes et les mieux appropriées à sa prise en charge » souligne le Dr Alain Pecking, directeur médical délégué de l'Hôpital René Huguenin de l'Institut Curie.
Après avoir été le premier hôpital en France bénéficiant d'un TEP scanner, le service de médecine nucléaire de l'Hôpital René Huguenin, l'un des plus actifs en Ile-de-France avec plus de 8000 scintigraphies par an et environ 2400 examens TEP dispose d'un TEP scanner de dernière génération, le Discovery PET CT690. Cette technique d'imagerie nucléaire connaît une forte extension de ses applications en cancérologie, pour le diagnostic, le suivi de l'efficacité des chimiothérapies ou lors de la surveillance pour rechercher des récidives ou des métastases. Complémentaire des autres techniques d'imagerie actuellement disponibles ou en phase de développement, elle mesure en 3 dimensions l'activité métabolique d'un organe grâce aux émissions produites par la désintégration d'un produit radioactif injecté au préalable, un « radiotraceur ». Son essor ne peut se concevoir sans le développement parallèle de nouveaux radiotraceurs dont la production nécessite l'installation d'un accélérateur de particules, un cyclotron. Composé d'un gros aimant circulaire dans lequel règne un champ magnétique et un champ électrique, le cyclotron accélère les particules puis les projette sur une cible qui, en réponse, émet des atomes radioactifs (isotopes) d'une durée de vie limitée.
« L'installation d'un cyclotron par la société AAA à l'Hôpital René Huguenin assurera la régularité et la qualité de l'approvisionnement en radiotraceurs pour les deux TEP scanners de l'ensemble hospitalier de l'Institut Curie (sites de Paris et de Saint-Cloud) ». Les patients auront ainsi accès aux examens les plus performants La société AAA construit, installe et exploite ce cyclotron dans des locaux fournis et mis aux normes par l'Institut Curie. En contrepartie, AAA met à disposition de l'Institut Curie des radiotraceurs. « Ce partenariat permettra la recherche et le développement de nouveaux marqueurs inhérents à la mise au point d'examens d'imagerie plus efficaces, plus rapides et mieux adaptés pour certaines localisations tumorales » commente le Président Directeur Général de AAA, Stefano Buono.
Le cyclotron va permettre de synthétiser des radio éléments de courte vie notamment le 18F, déjà largement utilisé à ce jour sous forme de 18Fluoro Deoxy Glucose (18FDG) pour la détection des cancers et le 11C. Les molécules marquées au 18F seront des traceurs autre que le 18FDG dans le cadre de protocoles de recherche clinique en partenariat avec l'hôpital René Huguenin qui fut en France l'un des premiers service d'imagerie à utiliser le 18FDG et différents services de médecine nucléaire. Contrairement au 18-FDG qui a une demi-vie longue (110 minutes), le 11C a une demi-vie extrêmement courte de 20 minutes, et il sera donc utilisé en recherche uniquement sur son lieu de production dans le cadre de projets mis en place à Saint-Cloud. Le Dr Alain Pecking précise : « Avec ce partenariat, l'Institut Curie va pouvoir évaluer la biodisponibilité et l'affinité tumorale de radiotraceurs marqués par 11C, mais aussi faciliter le développement de nouveaux radiotraceurs avec le 18F. » Le 11C présente l'énorme avantage d'être un constituant de base de toutes les molécules et donc de tous les médicaments. C'est un candidat idéal pour suivre le devenir d'une molécule en hérapie ciblée et ainsi répondre aux questions indispensables à leur développement : où va cette molécule ans l'organisme ? Quelle quantité de cette molécule se fixe sur les cellules tumorales ? Quant au 18F, les premières pistes de développement porteront sur la 18Fluorocholine qui s'accumule dans les cellules tumorales notamment dans le cancer de la prostate, la 18Fluorothymidine qui marque la prolifération cellulaire permettant de réaliser une évaluation thérapeutique précoce ou encore le 18Fluoromisonidazole, marqueur de l'hypoxie cellulaire. Ce cyclotron va contribuer à renforcer la recherche clinique en médecine nucléaire pour faciliter l'accès des patients aux techniques d'imagerie les plus innovantes. Ce projet s'inscrit dans la dynamique de la fusion du Centre René Huguenin avec l'Institut Curie, effective depuis le 1er janvier 2010.
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