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samedi 11 février 2012
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Communiqué

Parti Socialiste Européen : Des tests de résistance trop complaisants vis-à-vis des banques européennes ?

Parti Socialiste Européen - 09/08/2010 14:45:00

Le comité européen des contrôleurs bancaires (CECB - autorité de surveillance des banques européennes), en collaboration avec la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne, a récemment lancé un "stress test" à l'échelle européenne sur le secteur bancaire européen. Ce test visait à évaluer la résistance du secteur en cas de crise. Les résultats, sur le papier, sont remarquablement bons : seules 7 banques sur 91 ont été "recalées". Mais les conditions auxquelles les banques ont été soumises dans le cadre de cet exercice ne sont tout simplement pas assez strictes pour que les résultats aient la moindre pertinence politique dans le contexte actuel.

L'étude indique que les banques européennes résisteront à une récession de -0,4% l'année prochaine. Or, la récession en 2008 a atteint -4,1%. Le test de résistance n'apporte aucun élément d'information sur la façon dont le secteur bancaire européen réagirait dans un avenir proche, s'il était à nouveau confronté à une crise profonde comme celle que nous subissons aujourd'hui.

L'architecture technique du test était également faussée. Certains actifs toxiques ont été purement et simplement exclus de l'équation, comme conséquence des méthodes de calcul utilisées, les contrôleurs ayant refusé à escient de tenir pleinement compte des risques. Ironie du sort, ce scénario ne rappelle que trop bien les événements et la culture des «soft-options» qui ont conduit à la crise des subprimes.

Le test de résistance n'a pas été pris au sérieux, ni par une grande majorité des acteurs sur les marchés financiers, ni par les banques elles-mêmes. Le mutisme partagé des institutions financières à ce sujet laisse supposer que ce test a plutôt été mené pour la forme et non dans le but de lancer des vraies actions concrètes.

En bref, l'exercice semble avoir fait plus de mal que de bien. En soutenant à tort que le système bancaire de l'UE est sain et solide, il donne à entendre que le secteur bancaire n'a besoin d'aucune réforme. Mais les données et les tests ne doivent-ils pas être utilisés dans le but de trouver des solutions, et non de cacher les problèmes?

Deux ans seulement après le début de la crise financière, qui a coûté 7 millions d'emplois et euros3.000 milliards en deniers publics à l'Europe, ce test représente le dernier appel en date d'un lobby de droite puissant, qui demande que notre économie revienne au "business as usual". En tant que parti progressiste, le PSE refuse ce retour en arrière. La voie de la droite a échoué, inutile de commettre à nouveau ses erreurs! Nous devons réglementer la finance en général et le secteur bancaire en particulier, pour que la crise ne se reproduise plus et afin de créer une économie au service du citoyen, et non l'inverse. Nous devons proposer des actions concrètes, et non purement formelles. Une de ces mesures concrètes pourrait être la création d'un impôt européen sur les transactions financières.

Si nous nous décidons à emprunter cette voie, il nous faut alors faire preuve de sérieux quant à la rigueur des tests ultérieurs.