Les députés européens ont dit non aux rémunérations excessives en période de crise
Parlement Européen
-
15/07/2010 16:40:00
Les risques excessifs pris par de nombreuses banques ont mené à la crise. Les gouvernements ont dû voler à leur secours à coup de milliards tirés du portemonnaie des contribuables. La prise de risque a cependant été guidée par le mode de rémunération des grands dirigeants. Le Parlement européen souhaite donc que la puissance publique, qui fait office de pompier pendant les crises, puisse également prévenir les incendies : il appelle à un encadrement plus strict des bonus.
Lors de la session plénière, les députés européens se sont penchés sur les bonus des banquiers. Une large part des rémunérations n'est en effet pas versée sous forme de salaire mais de primes indexées sur les performances de l'entreprise - c'est-à-dire la rentabilité à court terme.
« Plus le risque est élevé, plus le profit potentiel est élevé, et donc plus le bonus des dirigeants est élevé », explique la Britannique Arlene McCarthy (Socialistes et démocrates). Le Parlement souhaitait que les primes soient alignées sur la santé et la stabilité à long terme des banques.
Des primes différées et sous conditions
Les bonus devraient être encadrés et limités. Les nouvelles règles seront les plus strictes au monde et pourraient entrer en vigueur au 1er janvier 2011.
Seulement 30 % des primes pourront être encaissées directement par les banquiers. Dans le cas de bonus particulièrement élevé, cela devra même ne pas dépasser 20 %.
La majeure partie de cette rémunération variable (entre 40 et 60 %) devra être différée pendant au moins trois ans. Si la banque connaît plus de difficultés que prévu, une part de la rémunération variable pourra ainsi être annulée. De plus, au moins la moitié des bonus devra consister en actions et en « capital conditionnel » (fonds qui pourront être mobilisés en priorité en cas de crise).
« C'est la première mesure d'importance adoptée suite à la crise financière. Nous sommes restés sur une ligne dure afin de changer le système des bonus : alors que les gouvernements réduisent les dépenses publiques, y compris les salaires dans la fonction publique, il serait obscène de les laisser continuer », souligne Arlene McCarthy.