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samedi 11 février 2012
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Communiqué

La question soudanaise est lourde d'incertitudes, selon l'envoyé spécial des États-Unis

Département d'Etat des Etats Unis d'Amérique - 18/05/2010 12:00:00

De lourds défis pèsent sur l'avenir de la région du Darfour et sur celui du Soudan dans son ensemble, à propos de deux questions capitales : le référendum sur le statut de la partie méridionale du Soudan, qui doit avoir lieu dans moins de huit mois, et l'Accord de paix global (CPA) dont il s'agit d'assurer l'application à long terme.

Tel est l'essentiel des propos qu'a tenus l'envoyé spécial des États-Unis pour le Soudan, M. Scott Gration, lors d'une audition convoquée le 12 mai sur le problème soudanais par la commission sénatoriale des affaires étrangères.

Le temps nécessaire pour résoudre ces problèmes est limité et les différentes factions doivent se concerter dans le cadre d'entretiens transparents et propres à renforcer la confiance, a affirmé M. Gration.

Il a rappelé qu'en octobre 2009, la secrétaire d'État américaine, Mme Hillary Rodham Clinton, a dévoilé la politique générale du gouvernement Obama à l'égard du Soudan, mettant l'accent sur la cessation des violations des droits de l'homme et du génocide au Darfour et sur l'application complète de l'Accord de paix global conclu le 9 janvier 2005 entre le gouvernement soudanais et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS).

Il est prévu qu'en janvier 2011 la population du sud du Soudan se prononcera par voie de vote sur l'alternative consistant à continuer à faire partie du Soudan ou à faire sécession et former dès juillet 2011 un gouvernement totalement indépendant. De même, un référendum est prévu sur l'avenir de la région pétrolifère soudanaise d'Abyei.

M. Gration était de retour récent d'une nouvelle série d'entretiens avec de hauts représentants du gouvernement du président Omar Hassan el-Béchir, qui vient de remporter en avril une élection pluripartite, la première depuis 24 ans, avec 68 % des voix. M. el-Béchir, rappelle-t-on, a été inculpé par le Tribunal pénal international de crimes contre l'humanité, pour le rôle qu'il aurait joué dans la violence qui a ensanglanté la région occidentale du Darfour. M. Gration s'est également entretenu avec des responsables du Sud-Soudan et du MPLS ainsi qu'avec des représentants de l'Union africaine lors de son voyage récent.

« Le scénario que nous recherchons est celui que trace le CPA, à savoir qu'il se tienne des référendums au cours desquels les Soudanais méridionaux choisiront l'unité ou la sécession, et où la population de la région d'Abyei choisira de rester unie au Nord ou de rejoindre le Sud », a déclaré M. Gration.

« Selon ce scénario, les résultats seront respectés par le Parti du Congrès national, par le Mouvement populaire de libération du Soudan, par d'autres partis politiques et par les citoyens soudanais, ainsi que par la communauté internationale et notamment les membres qui ont apposé leur signature au CPA en 2005 en tant que témoins disposés à appuyer l'application de cet accord », a indiqué M. Gration.

« Nous devons toutefois être prêts également à faire face à des scénarios moins favorables », a souligné ce général à la retraite de l'armée de l'air américaine. Que le Sud-Soudan devienne ou non indépendant l'année prochaine et qu'il comprenne ou non la région d'Abyei, le gouvernement de la partie méridionale du Soudan exigera une direction efficace et une capacité accrue de gouverner et d'administrer ses citoyens.

« Il sera impératif, à long terme, de faire face aux causes profondes de ce conflit, en particulier aux différends relatifs aux ressources terrestres et aux ressources en eau », a déclaré M. Gration à la commission sénatoriale.

Le président de cette dernière, M. John Kerry, a fait part, dès l'ouverture de la séance, de son inquiétude à l'égard des préparatifs des référendums au Soudan et du contexte de violence et de guerre civile dans lequel ces consultations risquaient de se dérouler.

« Nous sommes tous conscients de l'enjeu. Les implications de l'instabilité au Soudan ne se limitent pas aux frontières de ce pays », a déclaré le sénateur Kerry.

La situation soudanaise

Il s'agit sans doute de l'une des crises humanitaires les plus étendues et les plus dévastatrices de notre génération. Durant plus de vingt ans, la guerre à laquelle se sont livrés les forces militaires soudanaises et le MPLS a causé plus de 2 millions de morts. Plusieurs aspects du CPA conclu en 2005 demeurent en suspens, ce qui est de « très mauvais augure » pour l'apaisement du conflit, selon M. Gration. De plus, le Parti du Congrès national au pouvoir au Soudan, appuyé par des miliciens, a lancé en 2003 contre des groupes ethniques liés à une possible révolte dans la région du Darfour une campagne génocide qui a tué des centaines de milliers de personnes, déplacé 2,7 millions d'habitants et créé plus de 250.000 réfugiés.

M. Gration a souligné de nouveau les trois principaux objectifs de la politique américaine face à cette situation : sauver des vies en favorisant un climat durable de paix, assurer la pleine exécution d'un accord de paix à long terme et empêcher le Soudan de devenir un asile sûr pour des terroristes.

Les États-Unis, a-t-il indiqué, sont en concertation étroite avec l'Union africaine et les Nations unies au sujet de ce dossier et ont des entretiens fréquents avec les représentants de la Chine, de la France, de la Russie et du Royaume-Uni (les autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU) ainsi qu'avec l'Union européenne en vue de coordonner leur action.

L'Accord de paix global ou CPA (Comprehensive Peace Agreement), parfois appelé l'Accord de Naivasha du nom du lieu où il a été signé, comportait une série d'arrangements entre le MPLS et le gouvernement soudanais. Il visait principalement à mettre fin aux 20 ans de guerre civile entre le Nord et le Sud, à permettre la constitution d'un gouvernement démocratique et à régler le partage des revenus pétroliers. En outre, il créait un calendrier en vue de la tenue d'un référendum au Sud-Soudan sur son indépendance.