WWF salue les entreprises de l'agro-alimentaire récompensées d'un Trophée des Oeufs d'Or
WWF
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19/02/2010 09:15:00
Des poules aux Oeufs d'Or. Depuis 2006, chaque année, le Trophée des Oeufs d'Or récompense les efforts des acteurs de l'agro-alimentaire et de la grande distribution en matière de bien-être animal. Orchestrée par l'organisation internationale Compassion In World Farming (CIWF) , l'initiative vise à récompenser l'éthique des entreprises, soucieuses des conditions de vie des poules pondeuses. Mais son objectif est également d'interpeller le consommateur sur les dérives de l'agriculture intensive. Léopoldine Charbonneaux, Chef de projet agroalimentaire au sein du CIWF France, nous aide à comprendre le lien entre les conditions d'élevage et la qualité des produits que nous consommons.
En quoi les conditions d'élevage actuelles mettent-elles à mal le bien-être des poules pondeuses ?
Les poules sont des oiseaux complexes, qui disposent d'un vaste répertoire comportemental. Leur bien-être dépend largement de leur capacité à exprimer certains besoins essentiels : construire un nid pour la ponte, prendre des bains de poussière, picorer, se percher... Pouvoir bouger et étendre leurs ailes sont également, pour ces espèces, des besoins fondamentaux. Or, les poules élevées en cages conventionnelles passent les 13 mois de leur vie de pondeuse dans des petites cages collectives, alignées sur plusieurs étages dans de vastes bâtiments sans fenêtre. L'exiguïté de la surface dont dispose chaque poule lui interdit de battre des ailes ou même de bouger. Aucune litière n'est fournie pour prendre des bains de poussière, il est impossible de construire un nid et il n'y a pas de perchoir. Les souches de poules utilisées en élevage intensif souffrent fréquemment d'ostéoporose et de fractures osseuses, problèmes aussi renforcés par le manque d'exercice. C'est pourquoi, nous nous mobilisons afin d'encourager des systèmes d'élevage alternatifs au sein desquelles les poules peuvent mener une vie plus naturelle.
Votre association compte près de 40 000 membres à travers le monde. Pourtant, en France, elle n'est pas très connue .
Initialement, l'ONG a été créée au Royaume Uni en 1967 par Peter Roberts, un éleveur de vaches laitières qui a été l'un des premiers à s'inquiéter de la dangereuse évolution de nos modes de production agricoles. Face à l'inertie des acteurs qu'il s'est efforcé de mettre en garde, il a décidé de fonder sa propre structure afin d'oeuvrer pour le développement d'une agriculture durable, conciliant les besoins des animaux, le respect de l'environnement, les contraintes du monde agricole et les attentes des consommateurs, pour le bénéfice de tous. Ce n'est qu'en 1994, que notre bureau français a vu le jour, à l'initiative de son président actuel Charles Notin et du directeur de l'association Ghislain Zuccolo. Dans l'hexagone, l'implantation étant récente, il faudra un peu de temps pour que l'association bénéficie de la même notoriété que chez nos cousins anglo-saxons.
Quel type d'actions menez vous pour promouvoir un mode d'élevage plus responsable ?
D'une manière générale, nos actions sont tournées vers les acteurs économiques et les institutions, d'où un certain déficit de notoriété vis-à-vis du grand public. Menées au niveau national et européen, elles visent à améliorer les conditions d' élevage , de transport et d' abattage des animaux par l'évolution de la réglementation qui encadre les méthodes de productions agro-alimentaires . Mais, au delà du lobby, nous effectuons aussi un travail d'information du public sur les réalités de l'élevage moderne et mettons en oeuvre des démarches incitatives et de collaboration avec les acteurs de la grande distribution , afin de favoriser la diffusion de produits issus de systèmes d'élevage plus respectueux des animaux, des hommes et de l' environnement . A l'image du trophée des oeufs d'or...
Justement, ce fameux trophée, comment l'obtient-on ?
Notre trophée récompense les entreprises et les collectivités territoriales qui se fournissant en oeufs issus de modes d'élevages hors cages de batteries. Pour être lauréat, il suffit de rédiger une lettre expliquant pourquoi vous pensez être éligible, combien d'oeufs vous utilisez par an et le mode de contrôle de votre approvisionnement. Nous comptons dans nos précédents lauréats des entreprises dans le secteur de la restauration, de la grande distribution et de l'industrie agro-alimentaire....
L'éventail des participants montre que l'industrie alimentaire en Europe commence à prendre l'éthique au sérieux dans le monde de l'élevage. Les acteurs économiques répondent en fait à une vraie demande des consommateurs qui, au delà de leur empathie pour le sort des animaux, considèrent que les oeufs élevés en plein air sont de meilleure qualité, plus naturels et plus riches en goût. Opter pour des modes d'élevage alternatifs, c'est donc faire un choix judicieux pour l'avenir de son entreprise.
Pour en savoir plus
Trophées des Oeufs d'Or 2010.