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jeudi 2 septembre 2010
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Communiqué

François Hollande sur l'identité nationale : "Enterrement en petite pompe"

Blog de François Hollande - 09/02/2010 12:25:55

Le débat sur l'identité nationale aura donc accouché d'une commission. C'était la formule que Clemenceau utilisait pour moquer, sous le IIIème République, les gouvernements qui ne savaient plus que faire de leurs mauvais projets.

C'est pourtant la voie que le Premier ministre a choisi pour sortir de l'impasse où son ministre de l'identité nationale et de l'immigration avait conduit le gouvernement en improvisant, au plus mauvais moment, une initiative aussi mal engagée que mal pensée.

Car pourquoi fallait-il déchaîner tant de passions, provoquer tant de dérapages, susciter tant de légitimes suspicions, pour finir par apposer une Déclaration des droits de l'Homme dans chaque classe, ou faire chanter une fois par an la Marseillaise à chaque jeune français, sans que l'on sache très bien si ceux qui ne le sont pas devraient également entonner l'hymne national. On pourrait en sourire si les dégâts de cette malencontreuse opération n'avaient pas fait perdre le sens de ce que doit être la nation : une communauté de valeurs, des principes communs, une mémoire reconnue, un projet unissant les destins.

La faute originelle est d'avoir créé un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. D'avoir créé cette confusion, d'avoir entretenu le conflit entre étrangers et nationaux. Comme si la nation se devait d'avoir peur de l'autre et parfois même, peur d'elle-même.

Avant les élections régionales, il fallait sans doute pour le président de la République, en toute hâte, clore ce mauvais chapitre. Mais je ne doute pas qu'il y reviendra puisqu'il croit que le thème de l'identité nationale lui a valu son succès à l'élection présidentielle de 2007.

Je suggère, le moment venu, de confronter les conceptions de la République, de la nation, de la France, dans la perspective de 2012. Certes, être Français dépasse les clivages, et comporte un vivre ensemble qui doit nous rassembler. Convenons que le Pacte national soit régulièrement défini, chaque fois que le peuple est consulté sur son futur. Dire ce que nous voulons faire ensemble, en Europe et dans le monde, tel est le sens de la confrontation démocratique la plus élevée. Et ce n'est parce qu'il peut être fait mauvais usage de l'identité nationale, que la gauche doit se détourner de ce qui fait le coeur même de son mouvement : la réécriture du contrat social, le pacte républicain, la place de la France dans le monde.

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