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jeudi 2 septembre 2010
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Communiqué

Thon : Tous les voyants sont au rouge

Parlement Européen - 09/02/2010 10:30:00

Les scientifiques craignent la disparition du thon rouge. Les pêcheurs crient au scandale et critiquent le démantèlement de la filière. Députés européens, Commission européenne et Conseil de l'UE tenteront de dégager une position commune sur l'interdiction du commerce international du thon rouge ce mardi. En ligne de mire, les négociations internationale lors d'une conférence à Doha fin mars.

Tous les voyants sont au rouge selon les scientifiques et les associations environnementales : le thon rouge pourrait disparaître. En cause, des captures supérieures aux quotas autorisés, alors que ceux-ci sont eux-mêmes supérieurs aux recommandations des scientifiques. « C'est tout ou rien : ou nous sauvons le thon rouge maintenant, ou nous le condamnons presque certainement », défend Saskia Richartz, de Greenpeace. « Les thons rouges en âge de se reproduire auront complètement disparu d'ici à trois ans si les pêcheurs et les politiques ignorent les avertissements des scientifiques », met en garde le WWF.

En face, les pêcheurs attaquent les analyses des scientifiques et mettent en avant la sauvegarde d'une filière économique en danger. « Une interdiction de commercialisation du thon rouge est en totale contradiction avec les progrès réalisés au cours des dernières années. (...) Inclure le thon rouge dans la liste des espèces menacées relève bel et bien d'un acte irresponsable de nos décideurs européens, qui n'ont pas peur de faire passer quelques milliers d'emplois à la trappe dans une filière déjà fortement accablée par la crise », explique Mourad Kahoul, de l'Association euroméditerranéenne des pêcheurs professionnels de thon.

L'UE haussera-t-elle le « thon » ?

L'enjeu est simple. Du 13 au 25 mars se réunissent à Doha, au Qatar, les membres de la Convention sur le commerce internationale des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Elle réglemente le commerce des animaux et plantes pour éviter l'extinction des espèces les plus vulnérables. La rencontre de fin mars pourrait s'avérer décisive pour la survie d'espèces comme les ours polaires, les éléphants d'Afrique, les tigres et les thons rouges.

Monaco a proposé d'inscrire le thon rouge à l'Annexe I de la CITES, laquelle regroupe les espèces menacées d'extinction dont le commerce international est interdit. La Commission européenne s'est déclarée en faveur de l'initiative mais les Etats européens sont divisés. Faut-il inscrire le thon rouge à l'Annexe I, à l'Annexe II (moins restrictive et permettant d'instaurer des quotas d'exportation) ou pas du tout ?

La France (premier pays pêcheur en Europe avec 20 % des captures déclarées) et l'Italie ont changé de position ces dernières semaines et pourraient soutenir une interdiction du commerce international du thon rouge sous certaines conditions. Sera-ce suffisant pour entraîner l'UE dans leur sillage ?

Une filière résolument tournée vers l'exportation

Le thon rouge est pêché par de grands thoniers-senneurs. Ils transfèrent leurs prises (vivantes) dans des fermes où elles sont nourries pendant plusieurs mois avant d'être tuées et exportées. Le Japon est la destination de 80 % du thon rouge capturé en Méditerranée.

L'interdiction du commerce international du thon rouge ne ferait cependant pas disparaître le thon de nos assiettes. Il pourrait toujours être pêché de façon artisanale. De plus, le thon blanc, la bonite et la bonite rayée ne sont pas aussi menacés que le thon rouge et pourront toujours être pêchés.

Le débat entre les députés européens, la Commission européenne et le Conseil de l'UE se déroulera mardi 9 février à partir de 15h.