Hillary Clinton : la liberté de l'Internet est essentielle aux droits de l'homme et à la prospérité
Département d'Etat des Etats Unis d'Amérique
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22/01/2010 18:40:00
Hillary Clinton : la liberté de l'Internet est essentielle aux droits de l'homme et à la prospérité
La secrétaire d'État américaine énonce la politique des États-Unis.
Les libertés fondamentales sont essentielles à l'Internet pour défendre les droits de l'homme et encourager la prospérité économique, et les États-Unis oeuvreront avec dynamisme à promouvoir l'accès de tous les peuples à l'Internet, a déclaré la secrétaire d'État, Mme Hillary Rodham Clinton, dans un discours charnière de politique étrangère prononcé le 21 janvier au Newseum, le musée de l'information, à Washington.
« Nous sommes en faveur d'un Internet unique qui donne à toute l'humanité un accès égal aux connaissances et aux idées », a dit Mme Clinton. Elle a comparé la liberté d'utiliser l'Internet sans l'ingérence du gouvernement aux droits fondamentaux de l'homme, tels la liberté de religion, le droit de vivre à l'abri du besoin et de la peur et la liberté de rassemblement. Être libre de se connecter à l'Internet est « comme être libre de se rassembler, avec la seule différence que c'est dans le cyberespace », a-t-elle indiqué.
Mme Clinton a comparé les efforts de certains gouvernements en vue de priver leurs citoyens d'un accès libre à l'Internet à la construction du Mur de Berlin. « Des murs virtuels au lieu de murs visibles se dressent de plus en plus »,
« Certains pays ont érigé des obstacles électroniques qui empêchent leur peuple d'avoir accès à certains parties des réseaux mondiaux », a dit Mme Clinton. « Ils effacent des mots, des noms et des phrases dans les résultats des moteurs de recherche. Ils ont violé la vie privée de citoyens qui exerçait leur liberté d'exprimer une politique de manière non violente. Ces actions enfreignent la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui affirme que toute personne a le droit de chercher, de recevoir et de répandre les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit et sans considération de frontières. »
Tout en faisant l'éloge des « citoyens-journalistes courageux » qui ont utilisé en Iran des vidéos enregistrées avec leurs téléphones mobiles pour informer le reste du monde de la répression brutale qui se produisait dans leur pays, Mme Clinton a aussi fait remarquer que la liberté d'expression « avait ses limites ». « Nous ne tolérerons pas ceux qui incitent les autres à la violence, comme le font actuellement les agents d'Al-Qaïda pour promouvoir le meurtre en masse de gens innocents de par le monde. Et l'antilocution, qui cible des personnes en raison de leurs race, religion, origine ethnique, sexe ou orientation sexuelle est répréhensible », a souligné Mme Clinton.
L'Internet, a-t-elle affirmé, est un outil de grande valeur pour promouvoir la justice sociale. Elle a donné l'exemple d'un ingénieur colombien au chômage qui s'est servi de l'Internet pour organiser une manifestation virtuelle contre le mouvement terroriste FARC à laquelle avaient participé plus de 12 millions de personnes dans 190 pays. Au Mexique, un particulier utilisant le courrier électronique a mobilisé quelque 150.000 personnes pour protester contre la violence liée au trafic de la drogue, a dit Mme Clinton. Et en Inde, un garçon de 13 ans a organisé, par le biais du réseautage social, des campagnes de dons de sang en faveur des victimes des attentats terroristes de Bombay.
Grâce à la technologie d'un prix abordable, il y a actuellement quelque 4 milliards de téléphones portables utilisés de par le monde, même parmi les couches les plus pauvres de la société, a expliqué Mme Clinton. « Les réseaux d'information éliminent les différences de classes et nous devons nous en servir pour sortir les gens de la pauvreté et les libérer d'une vie de privations », a-t-elle ajouté.
La secrétaire d'État a fait remarquer que lorsque le président Obama s'était rendu en Chine en novembre, il avait publiquement défendu le droit à un accès libre à l'information et avait dit que plus le flot de l'information était libre et plus les sociétés devenaient solides. « M. Obama avait expliqué comment l'accès à l'information aidait les citoyens à tenir leurs gouvernements responsables de leurs actes, à produire de nouvelles idées, à encourager la créativité et l'esprit d'entreprise », a dit Mme Clinton.
Au sujet des efforts du gouvernement chinois visant à censurer et à contrôler les compagnies américaines de technologie qui fonctionnent sur son territoire, Mme Clinton a dit que le gouvernement Obama était engagé dans « une conversation très franche et constructive avec le gouvernement chinois ». Et d'ajouter : « Nous avons eu une année positive avec des discussions très ouvertes avec nos homologues chinois. »
Le gouvernement Obama, a-t-elle ajouté, a redynamisé le Groupe de travail sur la liberté de l'Internet dans le monde dont l'objectif est de contrer les dangers qui menacent les libertés sur la Toile.
« Nous avons exhorté les groupes médiatiques américains à jouer un rôle actif en contestant les requêtes de censure et de surveillance des gouvernements étrangers. Le secteur privé partage la responsabilité de défendre la liberté d'expression », a dit Mme Clinton. « Et quand leurs relations d'affaires risquent de saper cette liberté, ils doivent en considérer l'aspect moral et non seulement les profits qu'ils peuvent en tirer rapidement. »
Le gouvernement, a indiqué Mme Clinton, est « encouragé » par le travail accompli par la Global Network Initiative, un effort volontaire lancé par des compagnies technologiques, de concert avec des organisations non gouvernementales, des universitaires et des fonds d'investissements sociaux, pour coordonner la réponse aux requêtes de censure des gouvernements. Mme Clinton a annoncé que dans le cadre de l'engagement du gouvernement américain à appuyer une participation responsable du secteur privé dans la défense des libertés sur l'Internet, le département d'État organiserait le mois prochain une conférence à haut niveau pour les compagnies qui fournissent des services de réseau afin de discuter de ce dossier.
Par Jane Morse
Rédactrice